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Votre nez dans l'air sec

1. A quoi sert votre nez ?
Le nez sert à reconnaître les odeurs et à donner du caractère à votre visage. Certes. Mais ce n'est pas son rôle essentiel. L'organe nasal - c'est-à-dire l'ensemble formé par les fosses nasales et les nombreuses cavités qui en dépendent et qu'on nomme les sinus - a une fonction beaucoup plus importante. 8 à l5 m3 d'air chaque jour traversent votre nez pour atteindre les poumons. Ce très grand volume d'air doit être réchauffé, humidifié et nettoyé de ses impuretés par votre nez afin que votre respiration soit efficace et confortable.

Ce n'est pas une mince affaire. Que vous soyez par grand froid, à l5 degrés sous zéro ou, sous les tropiques, à plus de 40 degrés, l'air inspiré parviendra toujours à 37 degrés dans votre gorge. Et lorsque vous respirez de l'air très sec, cet air atteint toujours 100 % d'humidité lorsqu'il a fini de traverser votre nez. En outre, la majorité des poussières et particules qui flottent dans l'air, par exemple les bactéries, sont retenues par le nez et n'atteignent jamais les poumons, fort heureusement.

Bien sûr, votre nez a ses limites. S'il doit fournir un trop gros travail trop longtemps, il s'épuise, comme tout autre organe et ne peut plus remplir sa fonction. C'est pourquoi il est préférable de lui faire respirer de l'air qui ne soit pas trop difficile à climatiser. Pour la température, chacun l'a compris. On peut rester indéfiniment à 20°, mais pas à -10°. Pour les impuretés, chacun aussi a compris qu'il vaut mieux éviter de respirer des poussières, et nous évitons tous de respirer de la sciure ou de rester trop longtemps dans une grange pleine de poussière de foin. Mais beaucoup ignorent que le nez ne supporte pas longtemps l'air trop sec.

2. Qu'est-ce que l'humidité de l'air ?
Vous avez sans doute entendu dire que votre nez a besoin d'une humidité relative de 50% environ. Mais qu'est-ce que cela signifie? Pour l'expliquer, considérons ce qui se passe dans la nature. Et reconnaissons que, en toutes saisons, certaines situations climatiques extrêmes mises à part, notre nez est bien adapté à l'air extérieur.

En hiver, l'air est froid et contient peu d'eau. Lorsque viennent les premiers jours du printemps, l'air se réchauffe, et l'humidité contenue dans le sol s'évapore. Vous pouvez constater que, le matin, il n'y a pas d'humidité sur les voitures (garées dehors). La température de l'air augmente en même temps que son humidité. Ce sont toujours des conditions normales et confortables.

En été, la chaleur devient accablante. La terre se dessèche. Toute cette humidité est dans l'air. Sous nos climats, vous pouvez mesurer, lors des grandes chaleurs, des taux d'humidité qui atteignent 90 à 95 %.

Et voilà que, dans le courant d'août, les choses tournent. L'air commence à se refroidir, et l'humidité commence à se déposer sous forme de rosée, ces premières rosées, signe avant-coureur de l'automne. Viennent septembre, puis octobre.

L'air, dans la nature, est plus froid, et les voitures, le matin, sont couvertes d'eau. Et voici le premier rhume. Que s'est-il donc passé ? Vous pensez au froid et vous accusez votre concierge qui a trop tardé à enclencher le chauffage. C'est là que vous commencez à faire fausse route : il n'y est pour rien, le pauvre homme ! Ou plutôt si : mais c'est en allumant le chauffage qu'il a commencé à vous nuire, et non pas en tardant. Car il a fait quelque chose que la nature ne fait jamais. Il s'est contenté d'élever la température, sans s'occuper de l'humidification. Un peu comme si le soleil du printemps avait réchauffé l'air en oubliant de faire évaporer l'humidité du sol. Si vous aviez pensé à mettre en route un humidificateur au moment où votre chauffage a été enclenché, vous auriez, dans votre appartement, reproduit les deux fonctions du soleil du printemps et vous auriez probablement échappé au rhume.

3. A quoi remarquez-vous que l'air est trop sec ?
On a évoqué l'apparition de rhumes dès que, par l'effet du chauffage, l'air devient trop sec. Mais il ne s'agit pas toujours de rhumes à proprement parler. Beaucoup de gens se plaignent de symptômes plus discrets, mais tout aussi gênants. Voici les plus courants :

- rhumes à répétition
- éternuements fréquents
- impression de nez bouché sans rien avoir à moucher
- impression que quelque chose d'épais coule dans l'arrière-nez
- formation de croûtes dans le nez
- gêne dans la gorge avec sensation d'une boule ou d'une touffe de poils
- picotements des yeux
- lèvres sèches

4. Nez normal et nez fragilisé
Si vous êtes en très bonne santé, et surtout si vous avez un nez normal, ces questions d'humidité ne vous concernent que peu, car votre nez a fort heureusement la capacité de travailler même dans des conditions défavorables, c'est-à-dire, en ce qui nous concerne ici, dans de l'air un peu sec. Mais dès que la santé de votre nez est perturbée, c'est-à-dire lorsque votre nez est déjà trop sec par lui-même, vous n'êtes plus capable de respirer de l'air sec. Voici les raisons principales qui font que votre nez est trop sec :

  • la fumée
  • les médicaments traitant l'hypertension artérielle
  • les tranquillisants
  • les diurétiques
  • l'abus des laxatifs
  • certaines hormones
  • certaines gouttes nasales vasoconstrictrices
  • le diabète
  • une trop faible consommation d'eau
  • certaines opérations chirurgicales trop mutilantes pour le nez et les sinus
  • certaines gouttes oculaires
Personne ne peut supporter indéfiniment et sans difficulté de respirer de l'air insuffisamment humidifié. Mais ceux qui ont déjà, pour les raisons évoquées ci-dessus, tendance à avoir le nez trop sec sont les premiers à en souffrir.

5. Quelques conseils simples
  • buvez assez d'eau (au moins 2 litres par jour)
  • chauffez le moins possible. Dans une chambre à coucher, la température ne devrait jamais dépasser l8°, et peut même descendre sans aucun risque à des températures nettement plus basses.
  • en hiver, dormez avec la fenêtre fermée (même si cette idée choque la bonne conscience helvétique!) En laissant pendant plusieurs heures une fenêtre ouverte en hiver, vous laissez pénétrer dans votre chambre de l'air sec, et l'humidité s'abaisse.
  • si votre nez est particulièrement fragile, appliquez régulièrement sur conseil médical un produit qui l'humidifie. Vous pouvez, en plus, procéder à des lavages avec de l'eau physiologique ou à des aérosols.
6. Quel humidificateur choisir ?
- Pour un appartement de 100 m2, avec un chauffage normal, pendant un hiver normal, le débit doit être de l'ordre de 10 litres par jour.

- il faut éviter les humidificateurs qui "brassent" toujours la même eau, car cette eau, si l'on n'y prend pas garde, se charge très vite de bactéries et de moisissures qui vont être répandues dans votre appartement.

Choisissez un appareil à froid pour les raisons suivantes :

- les humidificateurs à chaud élèvent inutilement la température de votre appartement ce qui augmente encore le besoin en eau

- les humidificateurs consomment environ dix fois moins de courant électrique que les appareils à chaud, ce qui vaut mieux à la fois pour l'environnement et pour votre porte-monnaie. Même si le prix d'achat d'un appareil à froid est plus élevé, la différence est économisée sur la consommation d'électricité en une ou deux saisons.

- les humidificateurs à chaud représentent un danger de brûlure, surtout pour les petits enfants.

7. Une dernière remarque à ceux qui s'occupent de petits enfants
Contrairement à ce que l'on croit souvent, les petits enfants souffrent davantage du chaud que du froid. Ils ne s'enrhument pas tellement parce qu'ils ont froid, mais bien parce qu'ils ne supportent pas l'air chaud et sec.
Ce que vous ne devez pas croire : que votre enfant s'enrhume la nuit parce qu'il se découvre dans son lit et qu'il faut l'en protéger en chauffant la chambre.

Ce que vous devez savoir : votre enfant se découvre la nuit parce qu'il a trop chaud et il s'enrhume parce qu'il ne supporte pas le chauffage. Chauffez donc moins sa chambre et vous verrez qu'il ira mieux - et qu'il renoncera à se découvrir !

Votre médecin se tient à votre disposition pour discuter avec vous de ces considérations et vous fournir d'autres précisions.


En hiver, une règle : chauffer moins et humidifier plus